2014 Voyage Congo #7

Chers Amis, le 16 août 2014

De retour en Belgique. Quatre mots pour décrire la situation actuelle, mais qui cachent ce qui semble être l’expérience d’une vie entière. La joie de se réunir avec mon épouse, la famille et tous les amis, prendre une bonne douche chaude, s’endormir assis sur le divan… tout semble être éclipsé par le travail de se souvenir, d’enregistrer, d’analyser, et d’évaluer ce qui s’est passé dans un autre monde.

Maintenant que nous avons un bon Internet, nous pouvons vous montrer quelques-unes des 1500 photos que nous avons prises, mais il y a le problème de choisir. Cependant, ni les photos ni les mots ne peuvent décrire de façon adéquate les émotions et sentiments.

En premier lieu: merci pour vos prières, votre aide et votre préoccupation pour nous. Nous avons connu la protection de Dieu, ses soins tous les jours et la façon qu’Il a pourvu pour nos besoins. Charlotte a traduit mes messages SMS faits en hâte, en lisant entre les lignes, déchiffrant les mots mal épelés, souvent écrits dans un camion rebondissant sans cesse ou interrompus par les ondes intermittentes. La vie est différente quand rien n’est certain et tout est en retard.

Avec le pasteur et amis à Matende, David, Nelson et moi pouvions remercier Dieu pour tout ce qui s’était passé et demander son aide pour les 600 kilomètres de route devant nous. Nous espérons que par notre temps au Congo, nous avons pu contribuer à la vie de la mission: beaucoup d’heures de discussions, le travail pratique sur les bâtiments avec des explications claires pour chaque étape, une toute nouvelle toiture pour la maison des visiteurs avec le travail le plus important, des larges corniches tout autour pour l’eau de pluie connectées à la citerne par quatre tuyaux, une citerne complètement renouvelée, nettoyée et peinte. Nous avons atteint le but d’amener l’eau à Matende, mais nous avons dû partir avant les premières pluies pour tester les connexions. Quand la citerne sera pleine, ils auront une réserve de plus de 50.000 litres d’eau et il n’y aura plus d’eau qui descend et enlève la terre autour des fondations.

Le grand progrès à Matende est le fait que les équipes d’apprentis maçons et charpentiers pouvaient avoir l’expérience de faire ce dont normalement il n’ont pas assez de fournitures pour faire. Après notre départ, nous leur avons laissé un bon nombre de planches, de sacs de ciment et de blocs de béton pour leur travail. Nous avons aussi laissé assez de peinture pour couvrir beaucoup des murs intérieurs et extérieurs. Nous n’avions pas assez de temps pour penser aux tôles pour le bâtiment de l’église ni les corniches pour la centre de formation.

Nous sommes partis de Matende le 5 août à 9 heures avec 20 sacs de grains et 40 passagers à l’arrière du camion. David Torrini était assis là derrière avec eux. Une femme qui a pris place était en route pour l’hôpital avec son enfant de deux ans qui avait des plaies sur tout le corps. Nous l’avons donné de l’argent pour qu’elle amène l’enfant à l’hôpital de Kikwit. Nous essayerons d’avoir des nouvelles des suites.

La route nationale, N1, seulement deux bandes étroites, s’avance petit à petit à travers tout le pays et nous pouvions l’utiliser de Matende à Kinshasa. Pour les 10 kilomètres près de Matende il semble que les Chinois ont manqué de goudron et le revêtement est tout cassé laissant de grands trous qui amènent les véhicules à s’arrêter.

Les passagers sont descendus à Kikwit avec leurs sacs. Je me suis arrêté à la banque où la machine distributeur de billets nous aidait beaucoup. Cet appareil est dans un petit enclos avec porte en verre derrière les barres devant la banque et gardé par un soldat avec son arme. Un homme est là pour gérer la machine, dire quand la machine est libre, ne laisser entrer qu’une personne à la fois, etc. Cet homme en particulier est un ami et le pasteur d’une église à Kikwit et il a suivi sa formation à Matende. Il s’est occupé à expliquer à tout le monde l’histoire et ce que les missionnaires avaient fait. Il m’a demandé d’attendre une demi-heure, car on devait alimenter la machine de l’intérieure de la banque. Pour attendre, j’ai reçu une chaise plastique à côté du soldat souriant.

Quittant Kikwit vers midi nous avons pu atteindre la ville de Kenge pour la nuit, environ deux tiers du voyage. Nous sommes arrivés à 20 heures, ce qui est tard pour Congo où le soleil se couche à 18 heures. Nous pensions que le pasteur baptiste était informé de notre arrivée, mais il n’était pas au courant. Il a envoyé quelques membres de l’église qui nous ont conduit vers l’église mennonite qui était près du petit hôtel du village. Nelson Kayamba et les trois garçons ont dormi sous la bâche à côté du camion et David et moi avaient chacun une chambre de l’hôtel, très rudimentaire, mais un lit pour dormir avec un drap. Les toilettes étaient typiquement africaines, un grand trou en terre couverte par une dalle avec un petit trou au milieu. La petite pièce n’avait ni air ni lumière et les murs grouillaient de cafards. Nous avions un peu d’eau dans le camion pour nous laver.

Nous avons payé 8 euros chacun pour la nuit et nous étions en route pour 6 heures sans possibilité de dîner ni petit déjeuner. Un peu plus loin sur la route chaque village avait un petit marché pour les véhicules qui passaient. Nous avons demandé à une femme de bouillir un peu de café pour nous pendant que quelqu’un cherchait du lait en poudre dans de petits sachets en plastique et du sucre. Nous avons acheté quelques beignets qu’on servait direct du poêle sur le feu. Nous sommes arrivé à Kinshasa, la grande ville, au milieu de l’après-midi, mais avons du attendre 22 heures avant que quelqu’un nous apporte à manger.

Donc, voyager au Congo n’est pas le même que rouler sur l’autoroute en Europe. Heureusement dans les villages au Congo il y a souvent une fille avec des bananes sur la tête qui est contente de vendre pour 20 cents la pièce, (200 francs congolais).

Il y a beaucoup d’autres informations que nous gardons pour les lettres suivantes, pour celle-ci, il suffit de vous assurer que nous sommes retournés sains et saufs. Comme chaque fois, nous avons laissé une partie de nous-mêmes là au Congo. On ne peut pas faire un voyage pareil sans être changé.

Nos meilleures salutations en Christ,

Clément Kroeker, David Torrini et Nelson Kayamba

Dernier travail à Matende, un couvercle pour l’ouverture de la citerne.

Dernier travail à Matende, un couvercle pour l’ouverture de la citerne.

Touche finale aux corniches pour l’eau de pluie.

Touche finale aux corniches pour l’eau de pluie.

Nouveau mur pour le bâtiment de l’église.

Nouveau mur pour le bâtiment de l’église.

Une bonne tasse de café, même léger.

Une bonne tasse de café, même léger.

Petite buvette sur la route. poêle au charbon-bois à gauche.

Petite buvette sur la route. poêle au charbon-bois à gauche.