2015 Vidéo du Projet

2014 Voyage Congo #7

Chers Amis, le 16 août 2014

De retour en Belgique. Quatre mots pour décrire la situation actuelle, mais qui cachent ce qui semble être l’expérience d’une vie entière. La joie de se réunir avec mon épouse, la famille et tous les amis, prendre une bonne douche chaude, s’endormir assis sur le divan… tout semble être éclipsé par le travail de se souvenir, d’enregistrer, d’analyser, et d’évaluer ce qui s’est passé dans un autre monde.

Maintenant que nous avons un bon Internet, nous pouvons vous montrer quelques-unes des 1500 photos que nous avons prises, mais il y a le problème de choisir. Cependant, ni les photos ni les mots ne peuvent décrire de façon adéquate les émotions et sentiments.

En premier lieu: merci pour vos prières, votre aide et votre préoccupation pour nous. Nous avons connu la protection de Dieu, ses soins tous les jours et la façon qu’Il a pourvu pour nos besoins. Charlotte a traduit mes messages SMS faits en hâte, en lisant entre les lignes, déchiffrant les mots mal épelés, souvent écrits dans un camion rebondissant sans cesse ou interrompus par les ondes intermittentes. La vie est différente quand rien n’est certain et tout est en retard.

Avec le pasteur et amis à Matende, David, Nelson et moi pouvions remercier Dieu pour tout ce qui s’était passé et demander son aide pour les 600 kilomètres de route devant nous. Nous espérons que par notre temps au Congo, nous avons pu contribuer à la vie de la mission: beaucoup d’heures de discussions, le travail pratique sur les bâtiments avec des explications claires pour chaque étape, une toute nouvelle toiture pour la maison des visiteurs avec le travail le plus important, des larges corniches tout autour pour l’eau de pluie connectées à la citerne par quatre tuyaux, une citerne complètement renouvelée, nettoyée et peinte. Nous avons atteint le but d’amener l’eau à Matende, mais nous avons dû partir avant les premières pluies pour tester les connexions. Quand la citerne sera pleine, ils auront une réserve de plus de 50.000 litres d’eau et il n’y aura plus d’eau qui descend et enlève la terre autour des fondations.

Le grand progrès à Matende est le fait que les équipes d’apprentis maçons et charpentiers pouvaient avoir l’expérience de faire ce dont normalement il n’ont pas assez de fournitures pour faire. Après notre départ, nous leur avons laissé un bon nombre de planches, de sacs de ciment et de blocs de béton pour leur travail. Nous avons aussi laissé assez de peinture pour couvrir beaucoup des murs intérieurs et extérieurs. Nous n’avions pas assez de temps pour penser aux tôles pour le bâtiment de l’église ni les corniches pour la centre de formation.

Nous sommes partis de Matende le 5 août à 9 heures avec 20 sacs de grains et 40 passagers à l’arrière du camion. David Torrini était assis là derrière avec eux. Une femme qui a pris place était en route pour l’hôpital avec son enfant de deux ans qui avait des plaies sur tout le corps. Nous l’avons donné de l’argent pour qu’elle amène l’enfant à l’hôpital de Kikwit. Nous essayerons d’avoir des nouvelles des suites.

La route nationale, N1, seulement deux bandes étroites, s’avance petit à petit à travers tout le pays et nous pouvions l’utiliser de Matende à Kinshasa. Pour les 10 kilomètres près de Matende il semble que les Chinois ont manqué de goudron et le revêtement est tout cassé laissant de grands trous qui amènent les véhicules à s’arrêter.

Les passagers sont descendus à Kikwit avec leurs sacs. Je me suis arrêté à la banque où la machine distributeur de billets nous aidait beaucoup. Cet appareil est dans un petit enclos avec porte en verre derrière les barres devant la banque et gardé par un soldat avec son arme. Un homme est là pour gérer la machine, dire quand la machine est libre, ne laisser entrer qu’une personne à la fois, etc. Cet homme en particulier est un ami et le pasteur d’une église à Kikwit et il a suivi sa formation à Matende. Il s’est occupé à expliquer à tout le monde l’histoire et ce que les missionnaires avaient fait. Il m’a demandé d’attendre une demi-heure, car on devait alimenter la machine de l’intérieure de la banque. Pour attendre, j’ai reçu une chaise plastique à côté du soldat souriant.

Quittant Kikwit vers midi nous avons pu atteindre la ville de Kenge pour la nuit, environ deux tiers du voyage. Nous sommes arrivés à 20 heures, ce qui est tard pour Congo où le soleil se couche à 18 heures. Nous pensions que le pasteur baptiste était informé de notre arrivée, mais il n’était pas au courant. Il a envoyé quelques membres de l’église qui nous ont conduit vers l’église mennonite qui était près du petit hôtel du village. Nelson Kayamba et les trois garçons ont dormi sous la bâche à côté du camion et David et moi avaient chacun une chambre de l’hôtel, très rudimentaire, mais un lit pour dormir avec un drap. Les toilettes étaient typiquement africaines, un grand trou en terre couverte par une dalle avec un petit trou au milieu. La petite pièce n’avait ni air ni lumière et les murs grouillaient de cafards. Nous avions un peu d’eau dans le camion pour nous laver.

Nous avons payé 8 euros chacun pour la nuit et nous étions en route pour 6 heures sans possibilité de dîner ni petit déjeuner. Un peu plus loin sur la route chaque village avait un petit marché pour les véhicules qui passaient. Nous avons demandé à une femme de bouillir un peu de café pour nous pendant que quelqu’un cherchait du lait en poudre dans de petits sachets en plastique et du sucre. Nous avons acheté quelques beignets qu’on servait direct du poêle sur le feu. Nous sommes arrivé à Kinshasa, la grande ville, au milieu de l’après-midi, mais avons du attendre 22 heures avant que quelqu’un nous apporte à manger.

Donc, voyager au Congo n’est pas le même que rouler sur l’autoroute en Europe. Heureusement dans les villages au Congo il y a souvent une fille avec des bananes sur la tête qui est contente de vendre pour 20 cents la pièce, (200 francs congolais).

Il y a beaucoup d’autres informations que nous gardons pour les lettres suivantes, pour celle-ci, il suffit de vous assurer que nous sommes retournés sains et saufs. Comme chaque fois, nous avons laissé une partie de nous-mêmes là au Congo. On ne peut pas faire un voyage pareil sans être changé.

Nos meilleures salutations en Christ,

Clément Kroeker, David Torrini et Nelson Kayamba

Dernier travail à Matende, un couvercle pour l’ouverture de la citerne.

Dernier travail à Matende, un couvercle pour l’ouverture de la citerne.

Touche finale aux corniches pour l’eau de pluie.

Touche finale aux corniches pour l’eau de pluie.

Nouveau mur pour le bâtiment de l’église.

Nouveau mur pour le bâtiment de l’église.

Une bonne tasse de café, même léger.

Une bonne tasse de café, même léger.

Petite buvette sur la route. poêle au charbon-bois à gauche.

Petite buvette sur la route. poêle au charbon-bois à gauche.

2014 Voyage Congo # 5

le 2 août, 2014

Chers amis,

Depuis ma dernière lettre, le travail à Matende a continué, j’ai fait un voyage de nouveau à Kikwit pour rencontrer des responsables d’églises et, cette semaine, David m’a accompagné pour visiter les autres missions.

Samedi, le 26 juillet

Normalement, on allait travailler jusqu’à midi mais les maçons et les charpentiers ont continué jusqu’à 15 h. Les gouttières sont terminées et on doit raccorder les tuyaux aujourd’hui. A l’église, le mur arrive au dessus des fenêtres. On donne à manger à 40 personnes à midi. 

Hier, j’ai essayé de mettre le moulin en marche pour les femmes. C’est la machine que nous avons commandée en Amérique et apportée dans une valise. Nous devons encore tirer au clair son mode de fonctionnement. Il est difficile de la régler pour moudre la farine de manioc qui doit être très fine sans compter que cela devient plus dur à tourner plus cela devient fin.

Il faisait froid hier, mais aujourd’hui il fait très beau et agréable.

Lundi, le 28 juillet

Excellent progrès. Les maçons ont continué à construire le mur de l’église jusqu’au toit. Nelson fait des trajets avec le camion pour transporter de l’eau, du sable, du gravier et pierres. David est occupé à raccorder les tuyaux pour l’eau qui doit descendre des corniches et des gouttières pour aller dans la citerne.

Mardi, le 29 juillet

Fin de journée. Fin de travail sur la maison, nouveau toit.

Citerne peinte et cimentée

Mur de l’église monté

Gouttières et tuyaux terminés. 

Nous avons distribué 34 bibles du Semeur aux responsables et travailleurs.

Mercredi, le 30 juillet

Voyage avec David pour visiter les autres missions d’Iwungu Nzamba. Partir de Matende à 10 h pour arriver à Iwungu à 15 h. Routes très mauvaises. La mission est en mauvais état, pas de courant non plus. Mais une très bonne réception et nous sommes contents d’être là.

Jeudi, le 31 juillet

Une réunion à Iwungu le matin. A 13 h, départ pour Idiofa. On arrive à 18h 20. Seulement trente kilomètres, mais quand même cinq heures de route. Très fatigant. Pas de connection internet nul part cette semaine. Jaurais bien aimé envoyer des photos, mais il faut attendre. La semaine prochaine nous retournons à Kinshasa. Merci pour vos prières, car nous savons que Dieu agit, quil nous aide chaque jour, et quil est notre force. 

Que Dieu vous bénisse. 

Clément et David

” Je demande, en tout premier lieu, que lon prie… quon intercède pour tous les hommes Car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à une parfaite connaissance de la vérité . » 

(1 Timothée 2:1 et 4) Parole Vivante

2014 Voyage Congo #4

Chers amis,

Vendredi 18 juillet

Le matin c’était une réunion avec les femmes de la mission où Mama Kayamba prêchait (la maman de Nelson). Environ 15 femmes étaient présentes et elles écoutaient très attentivement. Elles ont invité Érik et moi de les rejoindre vers la fin de la rencontre. Érik a parlé de la santé et de la nécessité de manger correctement: coudia mboté. Je leur ai expliqué que tout changement est difficile.

Citerne, le cimentage à l’intérieur est terminé. Ils ont pu cimenter au-dessus du toit de la citerne avec le ciment qui restait.

Production de blocs de béton continue. Les équipes de maçonnerie ont fabriqué 130 blocs de béton pour les 400 dont nous avons besoin. Malheureusement ils ont cassé la petite barre d’extraction sur la moule de blocs. Nelson a retrouvé le poste à souder que nous avions apporté dans le camion l’année passée, mais pas les baguettes de soudure. Plus tard dans l’après-midi il a trouvé deux baguettes de soudure. Ici dans la brousse on ne peut pas courir à Brico chaque fois qu’il manque quelque chose. Il faut se débrouiller, prier et utiliser toutes les idées, même celles qui semblent stupides au début. Ensuite Nelson n’avait pas assez de courant de la génératrice pour souder convenablement.

Bâtiment résidence, on commence à travailler sur le versant sud de la toiture pendant que David et son équipe continue le travail sur la gouttière devant. J’ai débouché la toilette pour la deuxième fois. Cette toilette chinoise ne peut accepter qu’un petit morceau de papier toilette à la fois.

École — visiter les lieux
Nous avons visité les écoles ensemble avec le directeur de l’école primaire et de l’école secondaire. On essayait de les encourager de faire un travail convenable même s’ils doivent faire la construction en paille. Il est possible de faire un bâtiment plus au moins présentable même avec les matériaux primitifs.

Pour le grand bâtiment de l’école primaire, le gros problème c’est de l’amiante. La situation doit être prise au séreux. Ici à Matende personne n’est au courant des problèmes de l’amiante. Nous avons tiré l’attention des femmes ce matin et ensuite les directeurs de l’école. Le plafond est très haut avec plaques d’éternit dont plus que la moitié sont déjà tombés et d’autres morceaux restent à peine attachés d’une façon précaire.

Ils doivent faire un échafaudage pour descendre les plaques d’éternit sans les casser davantage et les enterrer. Il faudrait qu’ils aient au moins les masques de protection du nez et de la bouche. Ça fait probablement 20 ans que les enfants et professeurs sont en contact avec cet amiante sans connaitre les dangers.

Nous avons ensuite fait le tour du bâtiment pour les encourager à nettoyer les égouts et favoriser l’écoulement de l’eau de pluie. Une très grande citerne est remplie de souches d’arbres qui poussaient là. Les enfants ont commencé à les couper. Il semble que les enfants font tous des travaux dans et autour de lécole.

Samedi 19 juillet

Travaille une demi-journée ce samedi. Ce matin on avait encore une moule inutilisable, mais Nelson trouvait que le courant était plus constant le matin et il l’a soudé. Nous devons essayer de trouver une autre moule à bloc si ce n’est pas trop cher quand nous irons à Kikwit lundi.Toutes les équipes sont fatiguées, mais de très bonne humeur. David et moi avons discuté ensemble, essayant de trouver les meilleures, ou comme toujours, les moins mauvaises solutions pour la descente d’eau à la citerne. Système de vases communicants et tuyaux enterrés sont très efficaces, mais nous doutons que nos tuyaux soient assez bien connectés pour qu’il n’y ait pas de fuites ou petites prises d’air. Nous optons pour la descente aérienne, l’efficacité est plus importante que l’esthétique. Nous devons quand même acheter d’autres tuyaux de descente à Kikwit, on voudrait des 15 cm, mais devons nous contenter des 10 cm de diamètre.

Les insectes ou créatures de toutes sortes ne nous dérangent pas trop. J’ai expliqué à David le principe général: on ne les dérange pas et ils ne nous dérangent pas. Un homme a tué un grand serpent de presque deux mètres de long près de la rivière ou tout le monde se lave et se baigne.

Nous avons une sorte de bourdon comme une abeille, mais plus longue qui creuse leurs nids dans la falaise de terre. Le mur de notre cuisine plâtré en terre rouge leur convient très bien, ils entrent et sortent de leur petit trou comme si on l’avait foré pour eux. Une ou deux passent au-dessus de nos têtes quand nous mangeons ce qui ne nous dérange pas.

Hier, cependant ceux qui travaillaient sur le toit de la maison ont dérangé un nid de bourgeons beaucoup plus grand et ils les attaquaient comme des avions de chasse. Quelques coups de mains et de marteaux par terre pour les tuer.

Les chauvesouris, par contre, sont un problème. En enlevant la vieille toiture de tôles, nous les avons dérangés et ils sont partis. On voudrait les empêcher de reprendre leur résidence dans notre «palais « … Sauf le bruit, ils ne dérangent pas trop, mais leur saleté par terre nous dérange.

Connaissez-vous une bonne méthode pour faire partir ces visiteurs nocturnes?

Dimanche 20 juillet

Culte à 9 h 30 en principe, mais on chante pour presque une demi-heure avant que tout le monde soit présent. On utilise le bâtiment où nous avons fait tomber tout le mur latéral. Il y a deux rangées de blocs déjà cimentés en place. Dimanche passé il faisait très sombre et j’avais difficile à lire. Aujourd’hui nous avons une baie de 12 mètres ouverte avec une magnifique vue de toute la vallée sans aucune habitation visible. « Kitoko mingi, très beau », je leur explique qu’ils sont gâtés. Tout près on voit les résultats de la construction, morceau de béton et gravier par terre et toute une rangée de blocs de béton qui sèchent au soleil…

David chante deux chants avec sa guitare, que les gens aiment bien et écoutent attentivement. Il les introduit par une méditation de la Bible. Je pense que c’est la première fois que l’on entend une guitare à Matende. 

Des cantiques anciens traduits de l’anglais par nos parents, chantés sans livres de paroles ni musique sont parfois à peine reconnaissables. J’ai finalement relisaient que nous chantions « Dieu tout puissant » quand le pasteur m’a aidé avec son livre en Kikongo où il était marqué à la fin en anglais: « How great thou art ». Seul instrument de musique, un tamtam battu très énergétiquement avec variations par un jeune. Ils chantent aussi des chants originaux en Kikongo et la chorale de 10 femmes chante un cantique assez long en Lingala. 

La réunion est présidée par un jeune étudiant en troisième année de l’Institut Biblique de Kikwit. Le message est par l’assistant-pasteur Arnold qui a terminé ses études l’année passée. Le pasteur Israël Kibombi présente des annonces et sujets de prière. On annonce quelques sujets et tout le monde prie en même temps. Après la réunion nous nous tenons dehors pour saluer chacun, même les enfants étendent leurs petites mains pour nous saluer. Nimporte quel âge, nimporte quelle race, Dieu nous unis tous.

Psaumes 117:

« Louez l’Eternel, toutes les nations!

Chantez ses louanges, ô vous, tous les peuples!

Car il est immense, son amour pour nous.

Sa fidélité subsiste à jamais! »

Louons ce Dieu fidèle ensemble. Bonne semaine à vous tous!

Clément et toute l’équipe à Matende

2014 Voyage Congo # 3

Voyage Congo # 3

Chers amis,

samedi 12 juillet

Voilà une semaine bien chargée . Déjà  samedi le travail a commencé pour vider la citerne. David et Nelson ont travaillé avec une équipe de 20 jeunes toute la journée: des brouettes remplies de terre pour être versées autour de la maison où nous dormons, et autour de la citerne. David dirigeait le groupe comme une équipe de foot. D’ailleurs, comme récompense, les jeunes ont reçu des entrées pour voir le match final de la Coupe du Monde (10 cents pour un billet) qui était visible sur un tout petit écran TV chez Blaise, le commerçant du village.

dimanche 13 juillet

Le culte à Matende. J’ai apporté le message. J’ai choisi le passage dans 2 Corinthiens 6 et 7. L’après-midi une longue promenade pour voir le potager – ferme. J’étais étonné de voir que c’est trois fois plus grand maintenant et les légumes poussent bien. C’est encourageant, car d’autres personnes peuvent bénéficier des semences et du savoir-faire de Michel, le spécialiste en agriculture pour Matende.

lundi 14 juillet

Pendant que David dirigeait le chantier à Matende, je suis allé avec Nelson et le camion à Kikwit toute la journée, pour l’achat de matériel et à la banque.

Départ pour Kikwit à 8h15 avec des passagers à bord qui attendaient là depuis 7 heures. Voyage agréable sans difficulté. À l’entrée de Kikwit, nous arrêtons pour laisser descendre tout le monde. Plusieurs avaient apporté des grains et légumes à vendre, les poivrons sont beaucoup demandés à Kikwit. Une dizaine de femmes commerçantes se pressaient à côté du camion chacun demandant son sac, les mains essayaient de passer au-dessus de la benne. Je restais dans la cabine pour observer le combat.

Décrire la ville de Kikwit est difficile, il faut l’expérimenter pour croire. Cette petite ville de campagne a grandi au-delà de ses limites partout et malgré quelques policiers transpirant, l’anarchie règne.Un centre commercial conçu pour moins de 100 000 personnes est envahi par plusieurs millions. Par endroits en ville la rue est couverte d’une quantité immense de la terre rouge qu’ils ont dégagée en grandes piles laissant un petit passage pour les véhicules.

La ville est sur les pentes assez raides qui descendent vers la grande rivière Kwilu et la place est limitée. Les trottoirs sont remplis de petit commerçant en détail depuis cigarettes aux basins en plastique, farine et nourriture. Ces commerces illégaux remplissent les trottoirs et une partie de la rue. Au milieu de la rue, il y a une foule de motos taxis comme des mouches conduits par des jeunes sans peur ni règles de la route. Puisqu’on ne sait pas marcher sur les trottoirs occupés, on marche dans la rue entre voitures et motos. Quelques camions comme le nôtre essaient de créer un passage en klaxonnant, ce qui n’arrête pas les piétons et les motos qui faufilent de chaque côté en clavant eux aussi. Si le camion s’arrête, au moins deux motos passent de chaque côté à la fois.

Nelson propose de laisser le camion au centre missionnaire de l’église où il a travaillé dans le passé. Il est étonné de constater qu’il est impossible d’y entrer, car les constructions en cours bloquent la rue. On laisse le camion et nous continuons notre ronde d’achats à pieds. Nous marchons au milieu de la rue comme tout le monde en forçant les motos de nous contourner et en bloquant quelques taxis qui ne nous laissent pas de place pour marcher. Le mot anarchie est trop faible pour décrire la situation.

Nous avons trouvé la toute nouvelle agence de la banque BIAC qui est déjà inondée de clients qui font la fille devant quatre guichets ou sont assis attendant d’être servis. Nous trouvons le directeur au fond de la pièce et quelqu’un libère deux chaises en plastique pour s’assoir devant lui. L’argent que nous avons transféré de la Belgique le 26 juin n’est toujours pas sur notre compte, même chose que nous avons trouvé à Kinshasa.

Mais une toute nouvelle machine à sous dans une pièce protégée devant la banque accepte nos cartes Visa et nous pouvons retirer mille-quatre-cents dollars pour les achats indispensables.

Au magasin, nous achetons 20 sacs de ciment en parlant avec le gérant pendant que les jeunes passent à côté de nous les sacs de ciment su la tête pour charger les pousse-pousse, camions ou véhicules devant la porte. Nous achetons cent tôles ondulées chez deux Libanais avec un magasin propre. Ils ne parlent ni français ni anglais, mais lingala qui n’est pas la langue de la région.

Nous achetons dans les autres magasins quincailleries et autre, un chrétien est très heureux de nous servir. Ensuite Nelson me laisse au centre missionnaire pour aller avec le camion et charger ce que nous avons acheté. Je suis content de lui laisser cette tache.

Le centre missionnaire est quasi abandonné et un secrétaire exécutif dort sur le fauteuil. Il est content de nous accueillir et d’autres personnes viennent nous saluer et parler un peu. Je suis heureux de parler avec le responsable des centres de santé des missions. Il m’explique le long processus pour qu’un infirmier puisse être reconnu par l’état. Pour un nouvel infirmier, il faut trouver quelqu’un qualifié et disponible, puis le former pendant quatre ans puis commencer les démarches de reconnaissance par l’état. Nous discutons plusieurs choses et il me donne son adresse mail pour correspondance future.

Je reçois un message que le camion va arriver. J’essaie de le rencontrer, mais il doit quand même entrer dans la rue. On essaye de faire le tour du bloc et il nous montrent les belles maisons occupées par les missionnaires dans le passé. On essaye de revenir à la grande route, mais un caniveau large et profond à côté n’est pas fermé et nous devons faire marche arrière pour 200 mètres.

Petit à petit nous ramassons nos passagers pour retour à Matende. Quelques-uns n’arrivent pas et nous les laissons retourner les 70 km à pieds, deux prennent des motos taxis pour nous attraper sur la route. Le roulage, policier, de ce matin nous salue au passage.

Contents d’être sortis de la ville, nous jouissons de l’air et de la beau paysage sur la route vers Matende. Cinq kilomètres avant Matende la route est très mauvaise avec des grands trous qui nous obligent de nous arrêter complètement plusieurs fois. Il semble que les Chinois manquaient de goudron vers la fin de la route. La couche devient de plus en plus mince avec seulement du sable en dessous.

De nouveau les enfants courent dans tous les sens à notre arrivée à Matende et nous déchargeons la foule qui était assise derrière fatigué, mais très reconnaissant pour la journée.

En arrivant, nous sommes étonnés de constater que David et son équipe n’ont pas chômé. Ils ont enlevé toutes les 96 tôles rouillées, abimées et plein de trous qui étaient sur la maison ou nous dormons.Il a fait chaud pendant la journée, mais la soirée est belle et confortable comme d’habitude. David prend son bain à la rivière tous les soirs comme tout le monde ici. C’est très rafraichissant malgré un chemin de 900 mètres.

mardi 15 juillet

Les chantiers sont en cours depuis 6 h ce matin:

La citerne, David et quatre garçons bouchent les trous au fond pour empêcher les fuites et nettoyer avant de peindre. 

Au  même temps on continue avec la maison des visiteurs ou nous logeons. Michel et les autres charpentiers travaille sur le bord de la toiture pour préparer pour les corniches. Hier ils ont enlevé toutes les tôles. Nous avons dormi à la belle étoile. Le plafond de la maison est constitué d’un plâtre épais de terre rouge et ciment. Des grands trous indiquent les endroits ou il y avait les fuites avec les anciennes tôles. Les anciennes tôles sont les tôles de réemploi remplacées quelque temps après la révolution de 1965. 

David est un instituteur professionnel et je l’entends expliquer tous les détails de procédure et les avertissements de sécurité.

Le groupe électrogène tourne depuis ce matin. Nous avons dû connecter à une des batteries du camion pour le démarrer, mais nous sommes contents qu’il marche.

Ce soir, de notre lit nous voyions les étoiles par les trous. C’est la saison sèche et en principe il ne pleut pas, mais une pluie exceptionnelle est déjà passée. Il est probable que quand les brulent les hautes herbes cela provoque un mouvement des nuages qui peut apporter une pluie soudaine et même un orage avec de la tonnerre. Ici ils brulent encore les prairies, mais beaucoup ont déjà brulé.

L’ancien bâtiment d’église n’existe plus et depuis, nos amis à Matende font leur culte dans un bâtiment derrière le Centre de Santé. Cet ancien bâtiment de garde-malades est donc appelé l’église aujourd’hui. C’est une pièce de 6 m x 17, mais avec le mur sud prêt à tomber. Pour encourager les gens de Matende à commencer eux-mêmes de reconstruire le mur, nous avons à cœur de démolir l’ancien morceau de ce mur et de les montrer comment le reconstruire. 

C’est un projet qui n’était pas sur notre liste de projets pour ce voyage. Grâce à l’organisation de David Torinni et Nelson Kayamba, nous avons donc trois chantiers fonctionnant en même temps.

Environ 12 jeunes de l’apprentissage de maçonnerie sont occupés avec marteaux et burins à casser le mur pour le reconstruire droit. J’ai aidé avec l’équipe de maçons pour commencer à enlever bloc par bloc. On a découvert pourquoi il est encore debout, une barre de fer de 10 mm passait du mur de côté au mur latéral. Il y a probablement 20 ans que tout ce mur de 17m de long tient debout par cette petite barre de fer. Finalement le mur est tombé complètement en bas. Maintenant ils essayent de séparer bloc par bloc. Nous serons obligés de faire des autres blocs commençant demain matin.

Malheureusement nous devrons essayer de consolider les fondations qui sont en pierres et ciment. Ce bâtiment est à plus de 400 mètres des autres bâtiments sur lesquels nous travaillons. Il faut donc plusieurs minutes fatigantes à pieds dans la chaleur pour y arriver. Il faudrait un bon vélo comme celui que j’avais dans ma jeunesse pour circuler rapidement entre les différentes parties de la mission. Les chemins sont très sablonneux.

Mercredi 16 juillet,

construction Matende, voyage Kikwit.

Une équipe pose des tôles sur le toit de la maison résidence.   Travaux dans la citerne continue.

On commence à faire des blocs de béton pour le mur de l’église. On casse le linteau pour récupérer les fers à béton. Ils cassent les morceaux d’anciens blocs pour faire du gravier.

Jeudi 17 juillet

tôles côté est de la résidence

Vers midi ils mettent la dernière tôle côté est à l’avant de la maison résidence.. David commence à mettre la corniche. Planche de rive et fond terminé pour midi. Et à 17 h il avait déjà  terminé la moitié de la corniche.

Cinq équipes de travail: citerne, toiture, corniche, blocs de béton pour l’église, transport d’eau et réparation des machines par Nelson. Beaucoup de monde devant la maison.

Le Pasteur est en train d’apprendre comment travailler à l’ordinateur. Cest lintérieur du container qui était avec le camion.

ordinateur

Voici la photo de la maison de résidence et la citerne AVANT les travaux. J’espère bientôt pouvoir envoyer les photos de tous les changements en cours! Je me réjouis de voir comment Dieu a gardé ses enfants ici à Matende.

citern

Que Dieu vous garde et vous bénisse. Merci pour vos prières.

Clément

Camion pour Congo 4

« Lance ton pain sur les eaux, car avec le temps, tu le retrouveras. Partage ton bien avec sept autres ou même avec huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. » (Écclésiaste 11:1)
camion pour congo 1

Chers Amis,                                    le 15 juin 2013

Ce vendredi matin, nous nous sommes levés tôt pour accompagner le chauffeur qui conduisait un grand semi-remorque chargé du camion de Congo Cœur Ouvert converti de son ancienne vie de service militaire pour commencer une nouvelle vie de service humanitaire et missionnaire.  Nous l’avons déchargé sur le quai 311 du port belge d’Anvers, quatrième port mondial. Ce quai est l’un des 1000 endroits où les grands bateaux, venant du monde entier, peuvent accoster dans ce port.

Les navires des Lignes Maritimes Congolaises, LMC, ne sont pas les plus grands, car ils doivent remonter l’immense fleuve Congo ou des bancs de sable peuvent empêcher les mastodontes. Une centaine de véhicules retrouveront leur place sur le MV Chopin avec notre grand camion devenu petit dans son nouvel environnement.

Abandonnant là sur le quai le véhicule qui a occupé notre énergie pendant plusieurs semaines, nous avons pensé aux instructions du Sage, l’Écclésiaste: « Jette ton pain sur les eaux. » C’est presque comme lancer un morceau de bois sur les eaux d’une rivière en espérant que quelqu’un d’autre le retirera des eaux beaucoup plus loin.

Il y a des possibilités de vol ou de dégât sur les quais de départ ou d’arrivée. Les grandes grues soulèveront les voitures et camions pour les mettre dans les cales et sur les ponts du navire. Ensuite il y aura environ 18 jours de navigation au gré des vents et courants maritimes autour de l’Afrique pour arriver au Congo.

camion pour congo 2Nous le confions entre les mains de Dieu pour sa protection et nous vous remercions de joindre vos prières aux nôtres. Nous remercions tous ceux qui ont aidé ces derniers jours pour contribuer des objets ou pour le charger complètement et ceux qui ont donné pour les frais d’achat (10.700 €) et de transport maritime (5.600 €) et nous ont encouragés dans l’entreprise. Merci beaucoup ! Le dernier jour avant le départ, on cherchait encore quelques pièces, des pneus et filtres à carburant et, heureusement, la pluie est venue, ce qui nous a permis de réaliser qu’il fallait réparer les essuie-glaces.

En plus des préoccupations pour la sécurité du véhicule pendant le voyage, il y a les soucis du dédouanement au Congo.  Il y aura des frais et on espère qu’ils ne seront pas aussi élevés que ce que plusieurs prédisent. Erik Kumedisa est en contact avec deux déclarants en douane congolais recommandés par d’autres missionnaires. Ils doivent faire des démarches auprès des administrations pour obtenir des réductions de charge pour le travail humanitaire. Prions aussi que les fonds arrivent au moment nécessaire.

camion pour congo 3Le départ du bateau est prévu pour le mardi 18 juin afin d’arriver au port de Boma vers le 6 juillet. Je peux donc acheter maintenant mon billet d’avion pour arriver au Congo en même temps que le camion. Il sera nécessaire de prendre le bus de Kinshasa à Boma, soit 470 kilomètres.

Les évènements qui suivront seront tous entre les mains de Dieu. Après le dédouanement et la sortie du camion, il faudra faire la route jusqu’à Kinshasa, où il sera nécessaire d’acheter des provisions pour le travail des prochains mois. Ensuite, il faudra rouler les 600 kms jusqu’à Kikwit et la mission de Matende, où le camion sera déchargé de tout l’outillage et marchandise offerts par les donateurs de Belgique et d’Allemagne.

Ensuite des travaux de construction et réparations peuvent commencer à Matende. Cette partie du travail ne sera pas sans difficultés et soucis. Nous essayerons de vous tenir au courant. Merci pour votre collaboration tant nécessaire.

Clément Kroeker et toute l’équipe de Congo Cœur Ouvert

Camion Pour Congo

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Chers Amis,

À cette saison de Pâques 2013, nous vous saluons au nom de Jésus-Christ ressuscité, notre sauveur. Chaque pays du monde passe par des crises différentes, mais malgré notre situation, nous pouvons renouveler notre espoir que Jésus revient.

Nous avons remarqué que ces jours-ci dans les nouvelles nous entendons souvent les noms du berceau du Christianisme : Grèce, Macédoine, Chypre et autres noms que nous lisons dans le livre des Actes d’où a commencé le plan de Jésus : « Cette Bonne Nouvelle du règne de Dieu sera proclamée dans le monde entier pour que tous les peuples en entendent le témoignage » (Matthieu 13:14).

Il y a eu de nouveau des pillages et morts à Bangui, Centrafrique, où nous avons des amis justes de l’autre côté du grand fleuve Oubangui qui le sépare du Congo. Pour l’est de la République Démocratique du Congo, une bonne nouvelle est l’arrestation de celui appelé le terminator, Bosco Ntanganda.

DSC_0345Très loin de là dans la province de Bandundu, où nous travaillons, la vie continue, malheureusement sans beaucoup de changements, car les occupants sont trop habitués à ne pas voir des solutions pour leurs misères. Congo Cœur Ouvert prie, communique et cherche des solutions et les moyens de les mettre en pratique. On commence à voir le progrès, mais il y a beaucoup à faire.

Cependant, le comité de Congo Cœur Ouvert pense avoir trouvé une bonne solution pour le transport de matériel là-bas — un camion qui permettra d’éviter les prix de location très chers pour des véhicules qui ne peuvent pas transporter planches, briques, ciment, tôles, médicaments ou meubles et ramener produits agricoles pour les marchés.

Il y a la possibilité d’acheter un camion de l’armée spécialement adapté pour les routes de terre et de boue que nous devons utiliser pour desservir les missions dans la brousse. Il s’agit d’un camion haut avec traction sur les roues avant et arrière, des pneus jumelés à l’arrière, avec une capacité de 6 tonnes. Quand nous sommes allés le visiter, nous étions tous étonnés en trouvant qu’il y avait sur le plateau de chargement du camion un grand conteneur de 5 m de long utilisé comme bureau ou centre médical à la campagne. On peut remplir cette grande boite métallique de 21 mètres cube avec des outils et objets que nous voulions envoyer par container maritime.

Il s’agit d’un camion MAN Diésel, 150 CV, 4 x 4 de 1980, mais qui a roulé seulement 11.000 kilomètres. Les spécialistes seront d’accord pour dire qu’il y a des problèmes avec un véhicule de cet âge, mais nous l’avons examiné sur tous les angles et prévoyons quelques remplacements, essentiellement des pièces en caoutchouc. Les pneus semblent encore valables. Le prix d’achat comprend la peinture complète en couleurs non militaires.

DSC04348-BEn plus de ces questions techniques, nous nous plions devant Dieu pour trouver la solution financière. Prix d’achat : 10.000 euros plus environ 5.000 euros pour le transport et douane au Congo. Il faut payer le prix d’achat le plus rapidement possible pour permettre la préparation et peinture du camion. Congo Cœur Ouvert n’a pas cette somme en compte à ce moment. Veuillez prier avec nous que Dieu pourvoit. Peut-être connaissez-vous des associations ou personnes à contacter ; chaque euro que nous recevons sera d’une grande importance.

Nous cherchons aussi à contacter des personnes qui ont travaillé avec ce type de camion à l’armée et qui pourront nous aider à préparer une formation pour l’entretien et la réparation au Congo. Quelqu’un pourrait même nous accompagner. Un Congolais de Matende est chauffeur de camion en Allemagne et il participe à ce projet.

Merci encore pour votre collaboration à Congo Cœur Ouvert et de nous permettre de vous donner ces informations.

Joyeuses Pâques.

Clément Kroeker et l’équipe de CONGO CŒUR OUVERT

Voyage Congo # 1 — le vendredi après-midi à Kinshasa, 5 octobre 2012

Chers amis,

Nous voici à Kinshasa, en bonne santé sauf la fatigue d’une longue journée hier. Nous sommes installés de nouveau au Centre St Clément qui ressemble beaucoup au camp de Limauges de Belgique ici dans la commune de Kintambo, Kinshasa.

Le vol s’est très bien passé et avec seulement quelques minutes de turbulence, un ciel clair sur la Méditerranée et le nord de l’Afrique. La deuxième moitié du voyage nous étions au-dessus des nuages à 11 km d’altitude.

Nous étions bien servi par des hôtesses jeunes et de très bonnes humeurs avec deux repas. Nous sommes passés au-dessus de Kinshasa pour atterrir presque une heure plus tard à Luanda, Angola. Très agréable de voir cette ville d’un autre pays juste au couché du soleil. Il faisait donc noir quand nous sommes revenus pour se poser à Kinshasa. Présenter les passeports et attendre les bagages prenait beaucoup de temps presque deux heures et on sentait la chaleur de la soirée africaine. Un jeune policier avait parlé avec Erik Kumedisa à l’extérieure et il est venu nous trouver pour aider avec les bagages.

Notre chauffeur Filémon et Erik attendaient dehors avec la jeep que nous avions utilisée la foi passée. La route vers la ville était en meilleure état avec les travaux terminés et à 11 heures du soir, on passait sans trop de difficultés. Nous avons retrouvé nos chambres et des amis au Centre St Clément.

La nuit s’est passée trop rapidement et on nous servait le petit déjeuner à 7 heures. Quand Erik est venu avec la jeep nous sommes allée en ville principalement l’ECC. Pasteur Milenge, président de la Diaconnie, nous voyait à travers sa fenêtre et nous invitait. Nous avons passé quelques minutes avec lui, toujours encouragé d’être reçus avec enthousiasme par tous ceux que nous rencontrions. Bossuet Lokunda ne pouvait pas nous aider plus rapidement avec les démarches pour le visa permanent, car beaucoup dans l’administration sont occupés par la préparation de la grande réunion de toute la francophonie pour la première fois au Congo.

Nous devons encore discuter les conditions pour le véhicule. L’après-midi Erik est parti pour chercher des abonnements téléphone et Internet et autres démarches pour nous. Nous sommes heureux et reconnaissants d’avoir quelqu’un comme lui pour faire tout ce travail. Nous espérons partir assez tôt demain, mais il y aura encore des démarches à faire et un peu d’entretien du véhicule. Erik a pu préparer les rencontres et réservations pour Jérémie à Mbankana et nous y irons demain en route pour Bandundu ville.

Nous attendons les moyens de communication pour parler avec des autres personnes ici à Kinshasa. Merci pour vos prières. Tout se passe bien et on s’habitue à la chaleur. Pas de moustiques pour nous déranger. Mon ordinateur se souvenait du mot de passe pour connecter au réseau du centre et la communication est assez stable. Jérémie se connecte aussi avec son GSM Garmin. Il a déjà ramassé les semences des arbres Moringa et cueilli des mangues pas encore très mures.

Jérémie s’étonne qu’il fasse noir si vite et il se souvient que mon père disait qu’il fallait se dépêcher quand il voyait les ombres très longues.

Salutations en Christ,

Clément et Jérémie.

Voyage au Congo : 20-21 avril

Mercredi 20 avril, départ Kinshasa

Le chauffeur d’Erik me conduit au centre-ville pour déposer mes bagages.  Il a une grande étiquette sur son tableau de bord: “avec Jésus-Christ vous n’êtes jamais seul.” Je lui demande s’il le croit vraiment et il répond «Oui». Au Congo il y a beaucoup de chrétiens, mais on ne sait pas combien sont de vrais croyants.

Le «check-in» de Brussels Airlines est à une adresse différente que les bureaux de réservation de la compagnie. Il faut présenter mon passeport à l’immigration puis enregistrer les bagages. Tout s’est bien passé. Je me demande pourquoi on me demande mon itinéraire. C’est parce que j’ai un passeport américain et ils pensent que je continue après Bruxelles. Je dois chaque fois expliquer que j’habite en Belgique.

Après l’enregistrement nous allons rendre une dernière visite au bureau de Hubert Miyimi. C’est un grand bâtiment en face de l’Ambassade de Belgique. Il a son bureau au deuxième, bien aménagé et climatisé avec une secrétaire qui nous reçoit. Le grand bâtiment de plusieurs étages était très beau il y a quelque temps, grands corridors avec magasins et bureaux, mais le marbre blanc est cassé par endroits et pas bien éclairé et l’escalator ne fonctionne pas.

Nous avons une très bonne conversation avec Hubert et un moment de prière. Il nous fait part de ses soucis et déplore la corruption qui fait arrêter ou retarder le progrès. Erik et Hubert, tous deux, parlent de la malhonnêteté même chez des chrétiens.

Retournant à la voiture nous trouvons que le chauffeur a un pneu crevé. Sa voiture, une Opel Kadett est en état raisonnable, mais il n’a pas un bon cric et même pas une clé qui correspond à ses boulons. Sur le même terreplein, il y a un de ces très nombreux garages au ciel ouvert comme partout à Kinshasa. Le garçon travaillant sur un minibus Mercedes lui prête un cric et une autre clé. Malgré cela et malgré les rues très encombrées sur la route vers l’aéroport et il y a des ralentissements perpétuels, nous arrivons plus tôt que prévu à l’aéroport. J’ai donc l’occasion de causer avec un homme qui est aussi arrivé tôt,  un chef d’Interpol (Bureau de Police) à Kinshasa. Il est très amical et très intéressé par le travail à Matende et s’offre de nous aider si jamais nous avons besoin. Quand je lui parle du problème de tracteur, il me dit de lui envoyer la demande du projet et il essaiera de l’introduire au gouvernement.
Il est possible que j’aie de meilleurs contacts simplement en attendant à l’aéroport que pendant tous ces jours de courir de bureau à bureau à Kinshasa.

Quand je présente mon passeport pour entrer dans la salle d’attente l’officier DGM de l’immigration remarque que je collectionne plusieurs visas de l’RDC. Je lui demande s’il ne serait pas plus facile d’avoir la nationalité congolaise. Il me donne son nom et numéro de téléphone et me dit de le contacter dès mon retour et il ferait le nécessaire pour un visa permanent puisque je suis né au Congo. (Le cout serait de $1500 seulement…)

À l’inspection on vérifie mon sac à main et malheureusement j’ai oublié d’enlever les ciseaux, un bon couteau et deux piles rechargeables qui n’étaient pas dans l’appareil, j’ai du les laisser là. Pourquoi est-ce que je n’ai pas pensé de les mettre dans une autre valise?

Je dis au revoir à Erik aux portes de l’aéroport. Il est très content que nous n’ayons pas eu de problèmes, accidents ou maladie pendant tout le voyage. Nous remercions Dieu comme nous l’avons fait ensemble dans le bureau d’Hubert.

Jeudi 21 avril, retour en Belgique
Charlotte me rencontre à l’aéroport et nous retournons à la maison. Je suis très content de revenir. Je suis fatigué après une nuit de vol, mais tout semble très confortable et même luxueux, et ça fait du bien de prendre une vraie douche: eau chaude sortant d’un tuyau au-dessus de ma tête, la première en sept semaines, car depuis mon départ c’était toujours de l’eau froide dans un seau à mes pieds. Pendant plusieurs de ces semaines, je n’ai pas vu mon visage dans une glace. Il est donc possible de vivre sans certains conforts que nous considérons comme normaux.

Pendant tout ce voyage de 7 semaines au cœur de l’Afrique, la joie et la satisfaction d’avoir pu contribuer quelque chose, ne fût-ce que la vision et l’encouragement, a de loin surpassé les quelques inconforts. Partager pendant quelques semaines les difficultés des autres nous rappelle qu’ils doivent supporter ces problèmes tous les jours et nous comprenons alors pourquoi ils perdent courage et manque d’initiatives. La plus grande satisfaction vient de réaliser que nous avons fait ce que Dieu voulait même si nous partons avec le constat que nous avons à peine commencé. Il y a encore beaucoup à faire et les besoins sont énormes, mais nous devons prendre un temps pour chercher la volonté de Dieu, planifier avec le comité, faire la comptabilité, écrire des lettres, et voir comment mieux s’organiser pour un voyage futur.

Merci beaucoup de nous avoir accompagnés dans ce voyage par vos prières, vos dons, vos encouragements et tout l’intérêt porté à ce projet: Congo Cœur Ouvert. Que Dieu vous bénisse. Nous espérons rester en contact.

Clément Kroeker, Eric Kumedisa, toute l’équipe congolaise, le comité belge et les collaborateurs américains.

Voyage au Congo : Kinshasa

Venez voir Kinshasa avec moi dans un nouveau véhicule pour cette ville, un Rickshaw à moteur.

 

 

A Kinshasa transporter tout par poussepousse, une remorque tirée par un homme, parfois aidé par un ou deux:

 

pierres,

planches,

tonneaux ou sable et gravier.

Voyez tous les sachets en plastique par terre, un problème grave pour Kinshasa, les rues, égouts ou rivières.